« Retour

 

 

 

     
 

Les Vétérans du Stade Nantais : légendes du terrain… et du comptoir

11/08/2025

 

 

 

 

Les Vétérans du Stade Nantais …ou l'art de courir moins pour boire plus… depuis 1911

 

Quand je suis arrivé au club, c’est dans cette équipe que j’ai posé mes crampons… et je ne les ai plus jamais vraiment enlevés jusqu’à mes 60 ans. Aujourd’hui, je veux partager mon plaisir, et surtout vous présenter cette bande de joyeux lurons capables de transformer chaque dimanche en épopée homérique… version apéro et pâté de campagne.



1.    Ils sont là. Ils étaient déjà là. Ils seront toujours là.

 

Les vétérans du Stade Nantais ? Vous connaissez ces gazelles ?

Attention, ils sont champions du monde, des environs et des terres à marée basse. (Titre auto proclamé, mais gravé dans le bronze de leurs cœurs)

Une joyeuse bande de con-potes, comme ils aiment se surnommer, à mi-chemin entre la mauvaise foi rugbystique et la tendresse virile. Ils connaissent les prunes mais ne font toujours pas la différence entre un marron et une châtaigne. Pour eux, c'est simple : tant que ça pique, c'est du rugby.

Ces gladiateurs du dimanche matin ont développé leur propre philosophie existentielle : "Pourquoi courir vite quand on peut arriver lentement mais sûrement... au bar ?" Une sagesse que Platon n'avait pas anticipée, mais qui fait sens après 25 ans de pratique.

Chaque dimanche matin, ils se retrouvent sur le carré vert, sous un ciel souvent incertain, pour se donner bonne conscience. Faire du sport, après tout, c'est bon pour la santé – surtout quand on le pratique en groupe, avec une bière à l'arrivée et parfois même une avant, pour "l'équilibre hydrique".

Pour certains, c'est aussi un prétexte social imparable : "Chérie, désolé, je peux pas aller chercher ta mère... j'ai match avec les gars." Ou encore : "Mon ostéo m'a dit que le rugby était vital pour mes articulations." (L'ostéo n'a jamais dit ça, mais peu importe.)


2.    Les vestiaires : le musée vivant du rugby ancien

 

Entrer dans un vestiaire de vétérans avant un match, c'est comme entrer dans une pièce de théâtre. Les acteurs sont fatigués d'avance, mais le texte est toujours bien rodé.

Il est 9 h 32, l'heure officielle du "début d'échauffement".

Mais dans le vestiaire des vétérans du Stade Nantais, personne n'a encore pensé à s'échauffer. C'est l'heure des histoires. Certains rigolent franchement, d'autres un peu moins, parce que c'est la même que celle de la semaine dernière, déjà racontée par Joël à Cholet en 1992. Mais on rit quand même. Par solidarité... et parce qu'elle s'améliore avec l'âge, comme le bon vin.

 

    Le grand déballage dominical

 

Et là, c'est le festival des mémoires sélectives :

"Tu te rappelles à Trignac en 94, quand j'ai mis ce drop de 40 mètres ?" (En fait, c'était un en-avant de 15 mètres, mais tout le monde acquiesce poliment.)

"Moi j'ai joué contre Serge Blanco, si si ! Bon… enfin… c'était un touché à Biarritz." (Il était spectateur, mais ça compte dans l'esprit.)

"Une fois j'ai plaqué un Fidjien. J'avais 19 ans. Depuis, j'ai mal au dos." (Véridique. Le dos, c'est tous les jours, le Fidjien, c'est du souvenir flou.)

"J'étais présent à la finale de 87 au Parc des Princes !" (Il regardait à la télé, mais l'émotion était la même.)

On continue par la blague de la semaine, celle entendue au bureau ou dans la voiture aux Grosses Têtes ou sur Rire et "Boissons". Gérard la raconte toujours mal, Daniel la finit avant lui, et Robert fait comme s'il ne l'avait jamais entendue pour ne pas vexer.

Chacun a sa légende, parfois floue, souvent enjolivée, toujours racontée avec passion. C'est le folklore. C'est sacré. Et surtout, ça permet de retarder un peu le moment de courir.

 

    L'art de la préparation physique... mentale

 

Chaque dimanche matin, c'est le même rituel sacré.

Ils ont leurs propres codes, leurs rituels, leurs superstitions. Comme Jean-Claude qui ne se rase jamais le dimanche matin "pour intimider l'adversaire" (en réalité, il a juste la flemme), ou Marcel qui porte toujours les mêmes chaussettes depuis 2003 "parce qu'elles portent chance" (elles portent surtout une odeur tenace).

Certains enfilent leurs chaussettes à l'envers. D'autres cherchent leur protège-dents "que leur femme a rangé quelque part" (la mauvaise foi éternelle). Un troisième a déjà perdu sa chaussure droite – toujours la droite, mystère non élucidé depuis 1977. Et au milieu de ce chaos organisé, les histoires démarrent comme un feu de camp verbal.

Ensuite, place au déballage du sac. Littéralement. Un inventaire à la Prévert qui révèle les obsessions de chacun :"Ma femme a encore pas lavé mes chaussettes." (Toujours la mauvaise foi, alors qu'il les a oubliées dans la machine depuis mardi.)

"J'ai encore mal à ma vieille entorse… celle de 1998." (Qui s'est transformée en arthrose, puis en rhumatisme, puis en excuse universelle.)

"Quelqu'un a vu mes lacets ? J'en ai acheté des neufs exprès !" (Ils sont dans la chaussure depuis le début, mais l'angoisse du matériel, c'est sacré.)

Et puis c'est le moment du rituel le plus sacré : la chasse au Dolpic, au Voltarène... le chasse-douleur qui chauffe pendant toute la journée et refroidit l'enthousiasme des articulations rebelles.

Si l'un a oublié le sien, il emprunte celui du pote. Sinon, il dégaine la pommade miracle du copain pharmacien, ou la crème qui sent fort recommandée par le toubib qui joue talon. Une véritable pharmacie ambulante se constitue au centre du vestiaire.

"Je vais m'échauffer. D'abord le genou, ensuite le pastis." Paulo, vétéran régulier, coureur occasionnel.

Certains préfèrent l'Arnica en granules, "parce que c'est naturel et que ma belle-sœur homéopathe a dit que..." D'autres se badigeonnent à l'huile camphrée, non pas pour ses vertus musculaires, mais parce que ça brille sous les néons, et que "ça sent le guerrier".

Et attention, il ne s'agit pas d'un simple massage. Non non. Le vétéran ne masse pas. Il tartine. Du gros orteil jusqu'à l'arrière de l'oreille, en passant par les zones qu'on ne nomme pas en société. Une couche pour les muscles, une pour le moral, une pour les souvenirs.

L'élastoplaste doit protéger les écoutilles mais arrache les derniers tifs blancs de la calvitie naissante. D'autres se transforment en momie en pensant qu'ils feront de vieux os... ce qui est déjà le cas, techniquement.

 

     Le maillot moulant : épreuve ultime

 

Puis vient l'instant redouté du maillot trop petit, rebaptisé pudiquement "moulant" ou "près du corps" par les euphémistes du vestiaire.

Il faut le tirer, l'enfiler, le négocier comme un diplomate avec un traité de paix. C'est un combat entre l'homme et le tissu, entre les ambitions passées et la réalité présente.

Les copains se moquent gentiment : "T'as pris des bras ou c'est ton bidon qui pousse les coutures ?"-"Dis donc, il a rétréci ton maillot... ou c'est toi qui as grandi ?"-"T'es sûr que c'est pas celui de ton fils que t'as pris par erreur ?"

Mais attention, le vrai défi n'est pas l'enfilage. C'est le démoulage après le match, quand le tissu colle, les courbatures hurlent, et que le dos a décidé de ne plus coopérer. Là, il faut parfois faire appel à la solidarité collective : "Allez, tirez tous ensemble sur les manches !"



3.    Le match : un prétexte organisé

 

Les vétérans ont une devise gravée dans le marbre de leur cœur : "On ne perd jamais. Parfois on finit juste le match avant les autres." Capitaine Bénito, philosophe du dimanche.

 

    La composition tactique selon l'état des troupes

 

Notre "grand" capitaine ne se trompe jamais. Il fait sa compo en fonction de l'état physique constaté dans le vestiaire, avec la finesse d'un stratège napoléonien :

"Bon les gars, je vais donner la composition, retenez bien votre nom ! Et si vous l'oubliez en cours de match, suivez le ballon... de loin."

Le processus est scientifique :


- Celui qui boite le moins va en première ligne
- Celui qui voit encore le ballon va dans les trois-quarts
- Celui qui respire encore sans siffler devient demi de mêlée
- Celui qui trouve encore la touche va au talon


Et celui qui court encore (un peu) devient centre... ou ailier... ou arrière... selon l'inspiration du moment


     L'échauffement version philosophique

 

Ils s'échauffent longuement… en discutant de leurs douleurs respectives, comparant leurs bobos comme d'autres comparent leurs voitures :

"Moi, c'est le genou gauche depuis Cholet en 2001." "Tu m'étonnes, moi c'est l'épaule droite depuis que j'ai voulu plaquer ce jeune de 25 ans... j'en avais 52." "Allez, on s'étire ! Conseil du kiné : toujours s'étirer avant de forcer... ou après... ou les deux... j'ai oublié."

Ils s'étirent pour faire pro sur les conseils des "mécanos" (comprendre : tous ceux qui ont fait une formation de secourisme ou regardent "Urgences" à la télé).

Et ils entrent sur le terrain en gardant toujours un œil sur la buvette, au cas où le match tournerait court ou que la soif deviendrait plus pressante que l'envie de courir.

"À mon âge, j'ai une clause dans mon contrat : une mi-temps jouée, deux tournées offertes." Bernard, vétéran depuis le premier Minitel.

Mais lorsqu'ils entrent sur le terrain en début ou en milieu de partie, tous les présents jouent à tour de rôle. Ils ressentent le même petit pincement au coeur que vingt ou quarante ans plus tôt en cadets ou lorsqu'ils participent à l'action, ils ont la même application, la même "gnack", le même désir de faire le bon geste pour l'équipe, la même idée de voir le mouvement se développer et réussir, le même dépit de voir la défense céder et l'adversaire marquer.

 

     L'équipe médicale intégrée

 

Mais comme le dit Ricardo avec sa sagesse de pilier philosophe : "On a de la chance, on joue avec nos mécanos."

Eh oui, ils ont cette chance inouïe d'avoir dans leurs rangs les toubibs, les kinés, les infirmiers... ces fameux mécanos du corps humain qui dépannent en temps réel :

  • Nono, le prof du CHU Bac +10, lanceur de pizzas au talon (sa précision légendaire vient de ses années à distribuer les médicaments)
  • Le pilier Dr Mamelle, aussi haut que large (qui ausculte en première ligne et soigne en troisième mi-temps)
  • La Langoustine, le deuxième ligne masseur d'entrecôte de taureau (ses mains magiques remettent tout en place)
  • La Touy, l'ostéopapathe celui qui remet les os en place avec la délicatesse d'un Chopin du cartilage
  • La Campille, qui prend son pied tout en soulageant le nôtre (jeu de mots assumé)

Un véritable hôpital de campagne déguisé en équipe de rugby !

 

    Et notre capitaine Bénito...

 

On l'appelle Bénito. Non pas pour ses origines italiennes (c'est un pur beur nantais), mais parce qu'il a été élu capitaine des vétérans à l'unanimité… de sa propre voix. Un scrutin transparent, équitable, et surtout expédié en moins de trois secondes chrono, avant même que les autres aient compris qu'on votait.

"Qui vote pour moi ? Personne ? Parfait, je suis élu !" avait-il déclaré ce jour mémorable de septembre 2003.

Depuis, il règne sur le groupe avec l'aisance d'un chef d'État africain… en short de rugby. Son charisme naturel s'appuie sur trois piliers fondamentaux : l'art de la répartie, la science de l'excuse, et la maîtrise absolue de l'autodérision.

Son secret pour maintenir l'ordre ? Un mélange savant de charisme, d'autodérision et de petites piques bien placées. Même quand il perd un match (ce qui n'arrive jamais officiellement), il gagne… en répartie.

Bénito, c'est aussi celui qui sait toujours trouver l'excuse parfaite : terrain trop sec, ballon mal gonflé, soleil dans les yeux (de nuit), adversaires beaucoup trop jeunes pour jouer contre des vétérans "de notre standing", arbitre partial, vent contraire, ou encore "les gars, on était trop fair-play aujourd'hui".

Et puis il y a ses discours d'avant-match. Courts, puissants, et souvent improvisés selon l'inspiration du moment :

"Les gars, souvenez-vous : l'important, c'est de se faire plaisir… et de courir juste assez pour que ça se voie sur les photos."

Ou encore : "Aujourd'hui, on va leur montrer que l'expérience, ça ne se remplace pas. Et si ça ne suffit pas, on leur montrera nos cicatrices !"

Bref, avec lui, les dimanches ne sont jamais ternes : entre deux passes hasardeuses et trois éclats de rire, il réussit l'exploit de nous faire croire que nous sommes toujours à notre meilleur niveau… ou du moins à notre meilleur apéro.


4.    Les règles du rugby ? Oui, mais en version "souvenir flou"

 

Chez eux, le règlement s'interprète avec la souplesse de l'âge et la sagesse de l'expérience :

Le plaquage cathédrale n'est pas une faute, c'est "un geste de l'ancien temps, quand les hommes étaient des vrais hommes".

Le hors-jeu ? "Bah… il n'y avait pas de ligne avant, c'était au flair et au feeling rugbystique."

Le carton jaune ? "C'est pour les arbitres frileux qui n'ont jamais joué par -5° à Trignac un dimanche de février."

L'en-avant ? "Si le ballon va vers l'avant, c'est que l'intention y était. L'intention, ça compte !"

Ils militent activement et avec ferveur pour :

  • Le retour des mêlées simulées (en terrasse, avec les coudes sur la table)
  • La suppression des courses de plus de 20 mètres (mauvaises pour le cœur et l'amour-propre)
  • Le droit de marcher si c'est stratégique ("Je ne courais pas, j'analysais la situation")
  • L'introduction de la pause-café à la 40e minute
  • Le remplacement des poteaux par quelque chose de plus large ("Pour s'adapter à l'évolution du jeu")

"Moi je respecte les consignes du coach : je reste en soutien. Même quand je suis au bar." Toto, demi de mêlée... de l'apéro.


5.    Une condition physique... mentale

 

Le corps n'est plus ce qu'il était. Le souffle non plus. Les genoux font des bruits suspects, les dos protestent au réveil, et les chevilles se rappellent à notre bon souvenir sans prévenir.

Mais la mauvaise foi est restée intacte. Mieux : elle s'est bonifiée avec l'âge, comme un grand cru.

Ils jouent toujours blessés. Ou presque. Ou déjà blessés en arrivant. Ou sur le point de l'être. C'est une question de principe et d'honneur :

"J'ai mal partout, mais c'est une douleur d'expérience. Chaque douleur raconte une histoire." Duduche, philosophe des muscles froissés.

"Ma hanche droite me dit qu'il va pleuvoir. Elle ne se trompe jamais depuis 2009." Lulu, météorologue articulaire.

"Je cours avec mes souvenirs. Ils sont plus rapides que mes jambes." Marco, poète de la course à pied.

Et quand ils marquent un essai (événement rare mais mémorable), c'est immédiatement une action légendaire, racontée pendant dix ans avec des détails variables selon le taux d'humidité... et d'alcool dans le sang de l'orateur.

L'essai de trois mètres devient progressivement une course de 50 mètres, le plaquage évité se transforme en crochet digne de Blanco, et la passe hasardeuse devient un geste technique d'une précision chirurgicale.


6.    Le rugby comme excuse à l'amitié

 

Sous les blagues, les bières et les bandages usés, il y a une vraie fraternité. Une amitié rugueuse et tendre, faite de chambrages affectueux et de solidarité indéfectible.

Les vétérans ne jouent plus pour la gloire (celle-ci s'est envolée avec les cheveux et la taille 42). Ils jouent pour le plaisir de se retrouver, de partager un moment, de refaire le monde ovalien à chaque fin de match, et de perpétuer cette tradition qui les unit depuis parfois des décennies.

Ils accueillent les nouveaux avec bienveillance (et une tournée à payer pour s'intégrer dans la tradition). Les bizutages sont gentils : au pire, on te fait chanter "La Marseillaise" en te tenant sur une jambe, ou on t'oblige à raconter ton premier match de rugby devant tout le monde.

Ils transmettent leur amour du jeu avec générosité (et des techniques d'un autre temps que les jeunes regardent avec attendrissement). "Tu vois fiston, avant on jouait au feeling, pas avec des tactiques compliquées écrites sur un tableau."

Ils rappellent à tous que le rugby, c'est d'abord une histoire d'humanité, de lien, de joie simple et de respect sincère. Entre les coups de gueule et les fous rires, entre les victoires improbables et les défaites assumées, ils cultivent l'art de vivre ensemble.

"J'ai pas vu le ballon… mais j'ai vu mes copains. C'est ça l'essentiel." Cody, ailier poète et philosophe du dimanche.


7.    La troisième mi-temps : un sacerdoce républicain

 

Après le match, quand les corps sont fatigués, les maillots trempés (de sueur, de pluie, ou parfois des deux), et les bières bien fraîches, c'est le moment des "eaux chaudes" - un terme pudique pour parler de l'apéritif d'après-match, ce rendez-vous sacré entre hommes de l'ombre et dieux du dimanche.

Et là, la magie opère. La vraie. Celle qui justifie toutes les courbatures du lendemain.

 

    Le rituel des retrouvailles

 

Les verres remplis de Noilly Cassis – un rituel ancien - (ou de Ricard pour les puristes, de rouge pour les nostalgiques, et d'eau pour les conducteurs désignés) tintent dans une symphonie cristalline. Les anecdotes fusent comme des feux d'artifice verbaux, les rires résonnent avec nos adversaires du jour.

Un verre pour la soif (légitime après l'effort), un deuxième pour trinquer (à la santé de tous), et un troisième pour préparer la sieste dominicale (qui devient de plus en plus nécessaire avec l'âge).

C'est là que se révèlent les vraies personnalités :


- Maurice devient soudain loquace et raconte ses aventures de jeunesse.
- Robert, timide sur le terrain, devient un conteur hors pair.
- Jean-Claude, pourtant bougon, chante à tue-tête les vieux airs de rugby.
- Et Paulo, qui ne parlait que de ses douleurs, philosophe sur le sens de la vie
 


    L'hymne fraternel

 

Et surtout, les voix s'élèvent. La troisième mi-temps leur donne l'occasion de boire à la victoire, à la défaite, à un anniversaire, à la naissance d'un enfant ou petit enfant de coéquipier, on entend les mêmes chansons que sous le ciel de Pau, au pied des montagnes Pyrénées, à Bayonne ou entre Nantes et Montaigu.  

En chœur et avec le cœur, ils chantent "Le petit conduit", leur hymne fraternel et un brin grivois, repris à pleins poumons jusqu'à la dernière phrase, avec cette émotion qui monte progressivement et ces voix qui se cassent sur les notes hautes (mais l'intention y est).

Puis le capitaine Bénito lève son verre dans un geste théâtral et ponctue de la phrase culte, scandée comme un mantra : "Z'à la vie… Z'à la mort !"

Un cri de ralliement, un serment sans contrat, une déclaration d'amitié rugbystique éternelle qui résonne dans tout le club-house et fait sourire les équipes jeunes qui passent par là.

 

   La philosophie de comptoir

 

C'est aussi le moment des grandes déclarations philosophiques, propres à cette ambiance particulière où l'amitié se mélange aux vapeurs d'alcool et à la fatigue satisfaite :

"Le rugby, mes gars, c'est comme la vie : il faut savoir encaisser les coups et toujours se relever."

Et comme le résume si bien Ricardo, avec sa sagesse de pilier en demi-retraite et sa voix de chanteur basque : "Nous, on fait du rugby… parce que ça donne soif. Et on a soif... parce qu'on fait du rugby. C'est un cercle vertueux !"

 

    La promesse du dimanche suivant

 

Enfin, on se promet de se revoir dimanche prochain. Avec cette certitude absolue que, quoi qu'il arrive dans la semaine (réunions importantes, obligations familiales, travaux de jardinage), dimanche matin à 9 h 30, ils seront tous là.

Quand l'un d'eux traverse une épreuve (divorce, maladie, licenciement, ou simplement un lundi difficile), les autres sont là. Pas pour faire du sentiment, mais pour une tape dans le dos, une bière partagée, et cette phrase magique : "Allez, dimanche on se retrouve au club."

Parce que c'est plus fort qu'eux. Parce que ces moments-là ne s'inventent pas. Parce qu'au fond, ils ont trouvé le secret d'une certaine forme de bonheur : simple, authentique, et renouvelé chaque semaine.


8.    Quand l’un de nous s’en va

 

Chez les vétérans, on se chambre, on rigole, on boit des coups… mais quand la vie décide de nous enlever un copain, on sait aussi se serrer les coudes.
Lorsqu’un ancien nous quitte, le terrain paraît plus vide, le vestiaire plus silencieux. Mais jamais sa place dans le groupe n’est laissée vacante : elle reste là, dans nos cœurs, dans nos blagues, dans ces anecdotes qu’on raconte encore comme s’il était assis à côté de nous.

Et surtout, on veille sur ceux qui restent. La famille d’un vétéran, c’est aussi la nôtre.
On organise, on aide, on soutient – parfois avec de simples gestes, parfois avec un coup de main concret, toujours avec une présence. Parce qu’on le sait : dans notre équipe, on ne joue pas seulement pour soi, mais pour tous ceux qui portent ce maillot et ce souvenir.

Comme le dit souvent Bénito, un peu la gorge serrée : "Chez nous, on ne perd pas les copains… on les emmène avec nous, dans chaque match et chaque troisième mi-temps."


9.    Conclusion : L'art de vivre à la nantaise

 

Ils sont cabossés mais heureux, râleurs mais généreux, lents mais légendaires. Les vétérans du Stade Nantais ne cherchent pas la gloire (elle est derrière eux, dans leurs albums photos jaunis).

Ils cherchent l'ombre d'un platane après l'effort, un bon copain pour partager une bière, et une pinte à moitié pleine (parce que l'optimisme, ça s'entretient comme les muscles).

Et ils nous rappellent, semaine après semaine, que le rugby, c'est bien plus qu'un sport : c'est une fête permanente, une famille choisie, une manière d'être au monde qui privilégie l'humanité sur la performance, le sourire sur le résultat, et l'amitié sur la compétition.

Alors, si un dimanche matin vous passez près du Stade Nantais et que vous entendez des rires, des chants, et quelques jurons amicaux, n'hésitez pas à pousser la porte. Ils vous accueilleront avec cette générosité naturelle des gens qui ont compris l'essentiel : que la vie est trop courte pour la prendre au sérieux, mais trop précieuse pour ne pas la célébrer.

Et qui sait ? Peut-être qu'un jour, vous aussi, vous rejoindrez cette joyeuse bande de con-potes pour découvrir l'art subtil de courir moins pour boire plus... avec le sourire et le cœur léger.

"Parce qu'au final, comme le dit si bien notre Bénito national : 'On n'est pas là pour souffrir, on est là pour être ensemble. Et si on peut le faire en short, c'est encore mieux !'"

 

 
 
 
         
 
     

 

 




 
 
 

Powered with Kameliweb by RACV ©

Création de site internet
Devis en ligne gratuit
 

 

 

 

Bon plans : Services, ProduitsAnnuaires

 
     

SiteMap : Promo1 - Promo2 - Promo3 - Promo4 - Promo5 - Promo6 - Promo7 - Promo8 - Promo9 - Promo10 - Promo11 - Promo12

 

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur notre site. En poursuivant votre navigation, vous consentez à l'utilisation des cookies.