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Portrait |
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LACASSAGNE Henri 27/12/1883 - 14/09/1918 Poste : Trois Quart
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Premier match Le 06 mars 1910 contre le Cercle Amical de Paris Dernier match Le 13 avril 1913 contre la Sélection de l'Atlantique Champion de France de rugby avec le Stade Bordelais U.C. 4 fois (1904,1905,1906, 1907) International Français de rugby A n° 9 : 2 sélections - 1906 et 1907 ------------------------------------------------------------ [1] Son prénom d’état civil : Pierre Jean Henri [2] Entretien avec Mme FLATTRES fille de Pascal LAPORTE [3] Il est le fondateur de l’équipe de rugby de base aérienne de Cazaux [4] D’après un document de M.A. et Jean NIZARD : « l’oncle Henri » 14/07/2007
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Originaire de Viella dans le Gers, Henri LACASSAGNE[1], surnommé le "biscot", poursuit ses études au lycée Montaigne de Bordeaux, où il obtient son baccalauréat en 1901 et découvre le rugby, un sport qu'il affectionne particulièrement et dans lequel il excelle. Pendant les vacances scolaires, il revient dans son village et entraîne l'équipe de rugby qu'il y a créée. Après avoir effectué son service militaire au 344e Régiment d’infanterie à Bordeaux, il poursuit des études de commerce et tente une expérience en Amérique du Sud. Il rejoint son père pour présenter sa future épouse, mais celui-ci lui demande "gentiment" de revenir en France.[2] Très sportif et doué en athlétisme, il signe au Stade Bordelais où il remporte quatre fois le titre de Champion de France aux côtés de son capitaine et ami Pascal LAPORTE. Il connaît sa première sélection en équipe de France de rugby (cape n° 9) lors du premier match contre les All Blacks en 1906. Il est à noter que le capitaine All-Black Dave GALLAHER, une icône en Nouvelle-Zélande, sera tué lors de la Première Guerre mondiale, et un trophée portant son nom est remis en jeu à chaque test-match de rugby entre la France et la Nouvelle-Zélande. À la demande de son ami, Henri s'installe avec sa future épouse à Nantes en 1910 et prend une participation dans une maison d'articles de sport, la maison Coumes et Compagnie. Il y réside jusqu'en 1914. Il se distingue rapidement comme un équipier modèle, remarqué pour sa vivacité d'esprit et sa bonne humeur aux côtés de toutes les stars, dont son complice Percy BUSH. Volontaire, Henri est incorporé en tant que réserviste dès le début de la guerre en 1914. Il rejoint le peloton des élèves sous-officiers et en ressort avec le grade de sergent-major. Envoyé au front avec le 59e Régiment d’infanterie, il est blessé au bois d'Avocourt en 1915. Après sa convalescence à Vichy, il se marie le 28 décembre 1915 à Bordeaux. Son combat contre l’ennemi n’est pas terminé. Il demande à servir dans l'aviation, sa passion, et est affecté en 1917 à l'école de tir aérien de Cazaux[3], puis à la 46e escadrille du 2e groupe d'aviation en tant que mitrailleur, où il se couvre de gloire. En effet, une première citation à l'ordre de l'Armée dit de lui : "Excellent mitrailleur, d'un courage et d'un sang-froid au-dessus de tout éloge, grièvement blessé au cours d'un combat contre 15 avions ennemis, a bravement surmonté sa douleur et, par la précision de son tir, permis aux appareils qu'il protégeait de continuer leur mission. Ordre général n° 9000 du 12 août 1918." Mais, hélas, le 14 septembre 1918, à 9 heures et quart (d'après la lettre écrite à sa veuve par son lieutenant), dans le ciel de Saint-Benoît (Haute-Marne), a lieu un combat aérien au cours duquel il reçoit une première balle dans la poitrine. Cette première blessure n'est pas mortelle et il continue à mitrailler l'avion ennemi qui va s'enflammer et s'écraser au sol. Cependant, une seconde rafale tirée d'un autre avion allemand l'atteint cette fois-ci à la tête, et lorsque le pilote, indemne, réussit à poser son appareil à Saint-Mihiel (Meuse), son coéquipier avait cessé de vivre. Deux mois après cette mort glorieuse, le général PÉTAIN décernait une seconde citation à l'ordre de l'Armée au sergent-major LACASSAGNE Pierre Henri, du 59e régiment d'infanterie, mitrailleur en avion C.46 : "Excellent mitrailleur, d'un courage et d'une adresse remarquables, le 14 septembre 1918, au cours d'une mission de protection de bombardement particulièrement difficile, a engagé vaillamment la lutte contre 7 monoplaces ennemis et a abattu l'un de ses adversaires. A été peu après atteint très gravement. (Ordre général n° 10812 du 23 octobre 1918)."[4] Le corps d’Henri est enterré de façon sommaire dans le jardin d’une ferme dans sa tenue de combat. En octobre 1918, Pascal LAPORTE se rend en Meurthe et Moselle et place le corps de son ami dans un cercueil en chêne. Le 4 février 1919, il écrit à Pierre LACASSAGNE en lui rappelant les souhaits d’Henri"que s’il ne donne pas suite à sa demande, les amis du défunt y pourvoiront, n’oubliant pas leur devoir vis-à-vis du disparu". Madame LACASSAGNE ne put rapatrier le corps dans leur famille à Bordeaux suite à un différend familial avant leur départ pour Nantes. La grande amitié du rugby fit le reste. Pascal LAPORTE voyant la peine de son amie décida que son meilleur copain serait enterré dans son caveau familial qu’il érige pour l’occasion. Ainsi, sur le côté de celui-ci, pouvons-nous voir la plaque : "Henri LACASSAGNE mort pour la France 14 septembre 1918" au cimetière Miséricorde à Nantes. Comme dans la vie sportive, les deux amis seront côte à côte pour l’éternité. Pour dynamiser le rugby dans la région Atlantique, Pascal LAPORTE avait offert un magnifique trophée destiné à un championnat appelé "Coupe LAPORTE". En 1920, en mémoire de son ami, il décide de rebaptiser le trophée et le nomme "Coupe LACASSAGNE". Ce challenge se disputera chaque année en début de saison entre des équipes régionales. Cette tradition perdurera jusqu’en 1939. Il est de coutume, comme pour lui rendre hommage, lors des vins d’honneur d'après-match vétéran, dont Pascal LAPORTE fut l’instigateur, que le mot du président ou du capitaine se clôture par une ovation : "Z’à la vie, Z‘à la mort". |
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