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Portrait |
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ELUERE Alfred 28/07/1893 - 12/03/1985 Poste : 2e ligne Autres fonctions : Président de la FFR (1943-1952) |
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Premier match Le 10 avril 1910 contre le Sporting Club Nazairien Dernier match Le 12 avril 1914 contre l'U.S. Bergeracoise -------------------------------------------------------- Jeux Olympiques (Rugby à XV) : ANVERS 1920 (Médaille d'argent) --------------------------------------------------------------------- |
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Né à St Clément des Levées près de Saumur, Alfred est le fils cadet de Louis. Les jeux de sa jeunesse se déroulent dans la laiterie de son père. À l’arrivée de ses parents à Nantes, il est inscrit au Lycée où, sous les ordres de son professeur de gymnastique M. CLEMENT, il commence à se faire une petite notoriété dans tous les sports. Dès 1910, il a 17 ans, il remporte au tennis, en double, le prix Guisthau, grand prix des Écoles de Nantes. En 1911, toujours en double, il gagne la coupe du S.N.U.C. En 1912 il se lance dans la course à pied et gagne le Prix du S.N.U.C. et les 400 mètres haies. En 1913, c'est le vélo qui mobilise ses énergies et à l'armée il remporte le Grand Prix Wolber de l'Ouest. Cette même année, il est champion de l'Ouest sur 50 km à bicyclette derrière tandem et aussi Champion de l'Atlantique de boxe anglaise en catégorie poids mi-lourd. Un champion est né. Dans toutes les disciplines, il se fait remarquer, comme au football où il excelle. C'est un athlète complet mais sa passion est le rugby. Il est réputé pour être un équipier-modèle que l’on désigne déjà comme capitaine dans son équipe du lycée. Sa puissance physique et sa dextérité dans ce sport ne passent pas inaperçues auprès de Pascal LAPORTE. Il est le fils du président mais sa place au sein de l’équipe première doit être gagnée à chaque match. Percy BUSH et ses équipiers ne cessent de le "couver" et de le faire progresser. Il devient vite une pièce maîtresse du pack stadiste. De la saison 1911-1912 jusqu'à la saison 1913-1914, il ne manquera que trois matchs, aucun autre joueur n'a pu faire mieux. Parallèlement à sa carrière sportive, Alfred a également entamé une carrière professionnelle au sein de l'entreprise familiale, où il a démontré ses compétences dans le domaine commercial Le 1er Octobre 1913, à 20 ans, il s’engage dans l’armée: le 64e régiment d’infanterie basé à Ancenis. Survint la guerre 14-18 et Alfred va se faire remarquer. "Il s’engage dans l’armée pour 3 ans et sera envoyé en congé de démobilisation le 4 septembre 1919. Il restera dans l’armée active 5 ans et 11 mois et dans la « réserve » 3 ans et 3 mois. Son temps de présence aux armées pendant la guerre de 14-18 est de 4 ans et 8 mois."[1] Ce rôle de leader sur les terrains de rugby se fera remarquer pendant cette triste guerre. Il devient le plus jeune capitaine adjudant-major de France : "Parti caporal au début des hostilités, l'ex-rugbyman était sous-lieutenant en septembre 1914, lieutenant en janvier 1915, capitaine en mai 1915." [2] La vaillance du rugbyman A. ELUERE est connue de tous les sportsmen bretons. Voici d'ailleurs la dernière citation du jeune officier : "Par ordre du 2 mai 1916, le général commandant le 64e corps d'armée cite à l'ordre du corps d'armée le capitaine ELUERE (Alfred Louis), du 64e régiment d'infanterie ; officier de sang-froid, d'une énergie peu commune, s'affirmant de plus en plus comme véritable entraîneur d'hommes. A brillamment commandé sa compagnie pendant l'offensive de septembre où Il a été blessé à la tête de son unité ; est tombé en criant "En avant toujours !". Aussitôt guéri, a demandé à reprendre sa place au front où il continue à donner t'exempte du plus bel esprit militaire. » [3] La France et la Nouvelle-Zélande entretiennent une relation toute particulière. Le tout premier match international des Bleus s'est déroulé en 1906 face à une sélection kiwi, et non face au voisin anglais. Henri LACCASSAGNE, futur SNUCiste figurait dans le quinze au poste de demi de mêlée pour sa première sélection. Le 8 avril 1917, soit onze ans plus tard, l'état-major allié organise un match entre les militaires Français et ceux de la Nouvelle-Zélande pour remonter le moral des troupes et des populations civiles. Quinze soldats experts du ballon ovale prennent la direction de Vincennes. Informés au dernier moment de leur sélection pour représenter la France, certains quittent précipitamment leur unité engagée dans la préparation de l’offensive du printemps de 1917. Pas moins de 23 généraux ont donné leur accord écrit pour qu’ils puissent ainsi s’absenter le temps d’un match. Parmi eux, Alfred ELUERE qui obtiendra alors sa première "sélection internationale". La rencontre se solde par une victoire sans appel des Blacks (40-0), qui ont surtout impressionné le public avec un haka qui paraît un rien ridicule par rapport à ceux d'aujourd'hui. Trop occupé sur le front et n'ayant pas eu d'autre permission, Alfred ELUERE ne pourra pas participer à la finale de la Coupe de l'Espérance, le 29 avril dont le S.N.U.C sortira vainqueur. Il n'oubliera pas ses camarades sportifs au front : "Les chemisettes de soie, les impeccables culottes blanches, les bas aux revers bleu horizon et surtout le ballon flambant neuf de l'équipe du 20e corps ne constituent qu'une rareté théâtrale, fruit, d'une collecte exceptionnelle, et si, tout récemment, ses amis ont pu voir le capitaine E., ancien international de rugby de Nantes et le plus jeune capitaine adjudant-major de l'armée, s'en retourner sur le front avec 3 000 francs[4] environ de matériel sportif acheté à Paris, ce n'est là qu'une chance toute particulière, due sans doute à quelques bienfaiteurs."[5] Le nom, non cité, est évidemment Alfred ELUERE. À la fin de la guerre, son activité professionnelle l'amène à Paris où il devient agent général du Syndicat d'entreprises pour la reconstruction des régions libérées. Les relations avec les activités de son père ne sont pas loin qui, lui aussi, à transférer ses activités sur Paris. En 1919, il signe au S.C.U.F. de Frantz REICHEL et Charles BRENNUS où il va s’illustrer comme capitaine de l'équipe et laisser un bon souvenir dans ce club où, dès ses débuts, il devient dirigeant. Il est remplaçant durant le Tournoi des cinq nations de 1920 et ne comptera aucune titularisation. À Anvers, le 5 septembre 1920, le rugby fait son retour aux jeux olympiques. L'organisation, au lendemain de la guerre, laisse à désirer et seuls deux pays ont répondu à l'invitation : les États-Unis et la France. L'équipe de France est composée avec des joueurs de clubs parisiens dont Alfred ELUERE en 2e ligne. La France s'incline 8 à 0. Il a perdu en "finale" et reçoit donc une médaille d'argent. En 1920, il rentre au comité directeur de la Fédération Française de Rugby nouvellement créée où il retrouve un vice-président qu'il connaît bien Pascal LAPORTE. En 1921, il préside la commission militaire et en juin 1943, il est élu président de la F.F.R., poste qu'il quittera en juin 1952. En 1947, la France du rugby vient de faire son retour sur la scène internationale mais ça ne suffit pas à son président, Alfred ELUERE. Il propose d’organiser un tournoi qui réunira les meilleures nations des deux hémisphères. Mais la France ne pèse alors pas lourd face au conservatisme des Britanniques et le Board (dont la F.F.R. ne fait pas encore partie) rejette son idée, la jugeant "farfelue". Le 13 janvier 1920, il se marie et un de ses amis lui organise son voyage de noces dans les Landes. Lui et son épouse tombent sous le charme d’un lieu-dit Hossegor. En créant plusieurs sociétés liées à l'immobilier hôtelier et le tourisme, il deviendra l’un des fondateurs de la station d'Hossegor et élira domicile. Attiré par la vie politique et le radical-socialisme, cet ami d’Édouard HERRIOT, deviendra tout naturellement maire de sa commune de 1935 à 1972. Il est nommé en 1942 au Conseil National des Sports dont il deviendra président de 1947 à 1966. Il sera fait Chevalier en 1917, Officier en 1926 et Commandeur de la Légion d’honneur en 1949. Il est aussi décoré de la Croix de Guerre. Les habitants de Soorts-Hossegor et le monde du rugby, emmené par Albert FERRASSE, lui rendent un dernier hommage le 14 mars 1985. Il repose dans le cimetière de sa bonne ville. |
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